Le défapage, aussi connu sous le nom de « suppression du FAP« , est une opération qui consiste à retirer physiquement le filtre à particules (FAP) d’un véhicule diesel ou à le désactiver électroniquement. Cette pratique, souvent proposée comme une solution radicale pour se débarrasser des problèmes liés à l’encrassement du FAP et aux régénérations ratées, soulève de nombreuses questions. Outre ses promesses de gain de performance et de baisse de consommation, le défapage est-il une solution viable et, plus important encore, est-il légal ? Ce guide vous explique tout ce que vous devez savoir sur cette opération controversée, ses implications et les risques que vous encourez.
Qu’est-ce que le filtre à particules (FAP) ?
Le FAP est un composant essentiel des véhicules diesel modernes. Son rôle est de filtrer les particules fines (suies) contenues dans les gaz d’échappement pour les brûler lors des phases de régénération. Cette opération est une réponse aux normes environnementales de plus en plus strictes et a pour objectif de réduire la pollution de l’air.
Les raisons de l’engouement pour le défapage
Les automobilistes sont tentés par le défapage pour plusieurs raisons :
- Coût de remplacement : Un FAP est une pièce onéreuse. Son remplacement peut coûter plusieurs milliers d’euros, ce qui incite certains propriétaires à chercher des solutions alternatives moins coûteuses.
- Problèmes de régénération : Les FAP ont tendance à s’encrasser lors des trajets courts ou en ville, car le moteur n’atteint pas la température nécessaire pour lancer la phase de régénération. Cela peut engendrer des pertes de puissance et des voyants d’alerte allumés.
- Performance moteur : Les conducteurs de véhicules diesel ont parfois l’impression que le FAP bride les performances de leur moteur. Le supprimer promet de libérer la puissance et le couple.
Le défapage est-il légal ?
C’est la question la plus importante, et la réponse est claire : le défapage est une opération illégale en France.
Depuis le 1er janvier 2017, la législation a évolué pour renforcer les contrôles antipollution. Le Code de la route, à travers son article R318-2, interdit toute modification des dispositifs de maîtrise de la pollution. Modifier, retirer ou désactiver un FAP est considéré comme une infraction grave.
- Risques au contrôle technique : Depuis 2019, le contrôle technique est plus strict. Les centres de contrôle technique sont désormais équipés pour vérifier la présence du FAP. En cas de non-conformité, le véhicule se verra refuser le contrôle technique.
- Risques financiers : En cas d’accident, votre assurance pourrait refuser de vous indemniser si elle découvre que votre véhicule a été modifié et qu’il n’est plus conforme à sa configuration d’origine. Vous pourriez même être poursuivi pour usage d’un véhicule non conforme.
- Risques pour l’environnement : Outre les sanctions légales, le défapage a un impact direct sur la qualité de l’air en rejetant des millions de particules fines, qui sont très nocives pour la santé.
Les alternatives légales et efficaces au défapage
Face à ces risques, il est préférable d’opter pour des solutions légales.
- Le décalaminage à l’hydrogène : Comme nous l’avons vu dans le précédent article, le décalaminage est une solution de nettoyage préventive qui permet de décrasser le FAP et de restaurer ses performances. C’est une solution respectueuse de l’environnement et totalement légale.
- Les additifs nettoyants : Des additifs spécifiques pour FAP peuvent être ajoutés au carburant pour aider à son nettoyage.
- Le remplacement : Si le FAP est trop endommagé, la seule solution légale est de le remplacer. C’est un investissement coûteux, mais c’est la seule manière de se conformer à la loi et de préserver la santé de votre moteur et de l’environnement.
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En conclusion, le défapage est une opération risquée et illégale. Bien qu’il puisse sembler être une solution rapide et peu coûteuse à court terme, les risques financiers et légaux, ainsi que l’impact sur la santé publique, sont bien trop importants pour en valoir la peine.